La conduite ethnique émotionnelle et l’expérience Tutsie
SAGE -Pour KINCONGOiNFO.
16 Octobre 2009, à 10h30
La haute violence en RDC peut être expliquée par l’emprunt mythique des concepts ethniques traditionnels. Cela peut être utilisé pour décrire le lien entre les récentes combinaisons de la violence politique et les animosités ethniques présumées éteintes mais réactivées parle dynamisme mythique. Il a déjà été scientifiquement prouvé que la violence, malgré sa connotation dangereuse; pourrait être une raison valablement acceptable pour le recouvrement des faits historiques (Ignatieff, 1993). Il parait que la majorité des populations ethniques qui croient encore aux messages mythiques sont susceptibles de s’embrayer dans les histoires du passé, mettant ainsi tant la paix ethnique que la conception de la sécurité en danger. Il faudrait ici rappeler que le constructivisme de l’ethnicité est le moyen de démontrer avec une certitude absolue comment l’expérience violente rwandaise aurait été relancée en RDC conformément aux signes mythiques de la manifestation ethnique (Gellner, 1983; 1997).
La détection de la menace étrangère et sociale dans la RDC semble incontestablement émaner des faits mystifiés. Il semble que les mythes ethniques aient été en mesure de recréer socialement une menace fictive pour laquelle il était nécessaire d’y réponse selon par la pertinence émotionnelle. C’est pour cette raison que les mesures congolaises qui ont été prises dans la logique des mythes ne pouvaient vraiment pas être ni questionnées par les congolais ni mises en doutes dans la société. Il est possible de suggérer alors que, si les animosités ethniques historiques sont bien établies dans les mythes actuels, ces derniers peuvent devenir des stratégies politiques violentes mais tolérables. Cela montre comment la politique mythique s’illustre par sa capacité de fabriquer des violences ethniques et de les rendre disponibles dans les sociétés. La réalité ici consiste en ce que les mythes ethniques puissent créer des mécanismes au service de la politique. Ainsi les décisions politiques porteront des éléments radicaux de la partialité mythique permettant aux facteurs tels que la vengeance, la haine et les ressentiments, d’être tirés directement du raisonnement politique du moment. Ceci est une effigie de l’emploi des mythes ethniques comme une idéologie de violence. C’est pourquoi les congolais ont souvent fait allusion à la protection de la nation contre un groupe ethnique selon par exemple le contexte du mythe de l’empire Hima.
Dans ce sens, il faudrait comprendre que les populations ethniques pourraient simplement subir des conflits mythiques causés par la politique en place. Par exemple, l’impact idéologique que la politique mythique représentait dans les processus du conflit en RDC était d’une indication incitative. Ceci parce qu’il y avait des encouragements politiques sur les groupes ethniques à se préparer pour répondre à la menace provenant d’un quelconque groupe, ceci était fondé sur des bases purement mythiques. Cela suggère que l’implication idéologique la plus violente d’un peuple se trouve dans ses incitations mythiques. C’est dans ce contexte que la politique mythique était utilisée pour établir la peur et l’agression en RDC. Le mythe de l’empire Hima par exemple pouvait être utilisé pour la fierté du groupe ethnique Tutsi, mais aussi il pouvait servir d’accusation pour certaines tribus congolaises. Ainsi l’impérialisme ethnique sous-entendant le conflit congolais, avec tous les égards du problème sécuritaire, pourrait suggérer que le mythe de l’empire Hima est de temps à autre utilisé comme une accusation par d’autres groupes ethniques, les congolais y compris. Dans ce dernier cas, le mythe de l’empire Hima est invoqué par des groupes ennemis.
Ce qui veut dire que les mythes ethniques ne sont pas nécessairement réclamés par le groupe concepteur, mais ils leur sont également attribués par des groupes rivaux. C’est pourquoi dans la notion du primordialisme, il y a la suggestion de considérer l’ethnicité comme un avis perçu de l’extérieur du groupe (Geertz (1967). L’approche primordiale peut donc fournir la meilleure explication pour les causes lointaines des conflits entre congolais et tutsis, en se basant sur les rivalités ethniques incontestables. Dans cette vue, la violence est fondamentale pour l’ethnicité parce qu’elle y est présente au premier stade de développement des groupes ethniques, mais porté au monde contemporain par les mythes ethniques. Évidemment cet aspect peut nous aider à mettre un sens sur le début des conflits comme étant provoqués par le souvenir du caractère élevé de l’injustice antérieure; accentuant le fait que les mythes ethniques sont une nature recréée de conflits précédents. Ainsi en pensant aux conflits ethniques, il faudrait d’abord comprendre leur lien avec les perspectives imaginaires, étant aussi la raison historique de certains conflits violents. Il est donc indispensable de comprendre qu’au cœur des conflits ethniques congolais s’étendent d’anciennes animosités entre tutsis et tribus autochtones, lesquelles animosités sont fondamentales aux crises contemporaines à travers lesquelles des groupes peuvent se faire la guerre pour surtout éviter le souvenir des inégalités sociales antérieures. La résistance pourrait ainsi être le seul ressort contre la réapparition du désespoir historique. C’est dans ce sens que les conflits ethniques actuels en RDC peuvent potentiellement s’expliquer dans le contexte mythique.
Références
-Gellner, E, 1983, Nations and Nationalism, Blackwell, Oxford.
-Geertz, C, (ed) 1967, Old societies and new states, the quest for modernity in Africa and Asia, Free Press, New York.
-Ignatieff, M, 1993, Blood and Belonging, Vintage, London.