Ces pages visent d'examiner et identifier les caractéristiques démocratiques de l’État congolais et répond à la question ; « y a-t-il des aspects des institutions politiques et administratives congolaises qui remettent en question les processus congolais démocratiques? ». Une autre question a la quelle je vais porter réponse est de savoir que s'il y a barbarisme démocratique en RDC, quelles seraient les réformes institutionnelles souhaitables pour remédier au déficit démocratique? Tout d’abord, il est indispensable de comprendre que la description la plus remarquable d’un État démocratique est de le faire exister au sein d’un système de gouvernement compétitivement caractérisée par de fréquentes élections qui sont correctement planifiées sur le principe du suffrage universel et de la politique de l'équité. Tout État démocratique nécessiterait de ce fait d'être apte à un contrat politique qui fournit la liberté et l'équité de ses citoyens.
Toutefois, ce n'est pas nécessairement le cas en RDC, puisque la justice sociale et l'égalité sont socialement inexistantes. C’est pour cette raison que je soutiens dans cet article que lesconsidérations démocratiques accordées au Congo-Kinshasa sont contestables étant donné que son système de gouvernement n'a presque jusqu'à maintenant pas incarné les éléments indiscutablement clés des idéaux démocratiques. Par cet aspect, il suffit de lier le clivage entre les principes démocratiques et les réalités démocratiquement établies pour détecter les prédispositions démocratiques lacunaires de la RDC. Je propose également ici que toutes les lacunes démocratiques de la RDC doivent être prises en compte pour condamner les dirigeants politiques en place, mais elles ne doivent certainement pas servir à désapprouver la valeur idéaliste de l'intégrité démocratique en RDC. Ainsi, mon argument en est que les dirigeants actuels dégoûtent parce qu’ils représentent un gouvernement déficient qui ne fait rien pour consolider le pouvoir de ses citoyens.
Le premier problème de l’État congolais est certainement son insuffisance structurelle qui illustre également son impuissance politique. Les irrégularités constitutionnelles peuvent générer d’illégitimes décisions qui certainement limiteront la puissance d’un gouvernement. Le manque de limites sur les actions du chef d’état est causé par la légèreté des instruments de justice aux mains de l’exécutif. L’exemple concret est la série récente des renvoies de magistrats par Joseph Kabila. Dans ces renvoies, la constitutionnalité de la RDC était rendue douteuse par l’utilisation abusive du pouvoir exécutif. La légalité constitutionnelle devrait anticiper le climat des droits et des libertés. Le comble ce que, lorsque l’exécutif s’attaque au judiciaire, ce modèle antidémocratique ne facilite pas des vérifications structurelles de la souveraineté de la magistrature judiciaire.
Le processus de séparation des pouvoirs pourrait être ici une solution aux problèmes. L’intégrité du pouvoir judiciaire semble être la base véritable des libertés populaires. Malheureusement, il n'y a aucune séparation des pouvoirs en RDC, et cela peut manifestement réprimer l'idée des libertés, et donc étouffer également le potentiel de la souveraineté du peuple. En conséquence, le processus de séparation des pouvoirs doit être considéré comme source de la liberté populaire. Il est donc plausible de considérer l'absence de la séparation des pouvoirs comme étant tyrannique à l’égard des juges, puisqu’étant capable d'aggraver aussi l'idée de base de la défense populaire. Il s'agit évidemment d'une liberté qui n'est pas en faveur d’un gouvernement aux tendances despotiques. La limitation d'une influence inacceptable du chef d’état congolais détermine que les libertés individuelles seront ensuite socialement atteintes. Je pense toutefois que le lien entre la liberté populaire et la résistance politique définit bien le fondement même d’une démocratie.
Il est vrai que la possibilité populaire de participer politiquement ne se développe que rarement en RDC, parce que la participation populaire serait fortement considérée comme gênant le pouvoir. La politique qui rend les gens moins puissants doit être ici considérée comme étant proportionnelle à une politique qui veut qu’ils restent loin des affaires politiques. Cette politique là n’arrange pas l’accomplissement des libertés humaines. De cette façon, les congolais devraient apporter plus d'opposition au gouvernement, pour enfin être considérer comme peuple libre. Le peuple doit être dépeint comme un adversaire potentiellement valide des politiciens, mais surtout un adversaire de leurs actions arbitraires. Pourtant, dans la politique congolaise, le système participatif n’est pas seulement en diminution, il se détériore progressivement en démantelant le pouvoir populaire. Ce qui néglige ainsi la base caractéristique d’une efficace démocratie. L’explication en est que la population congolaise n’est constamment affaiblie que par l’éventail d'une inactivité politique qui profite à Kabila. Ceci signifie que le pays a besoin d’un coup de pouce dans ses affaires démocratiques étant donné le besoin d’augmenter non pas la puissance des chefs élus, mais du peuple souverain. La réduction du pouvoir des élus doit être considérée dans la fiabilité démocratique comme une nécessité; car il touche à la légitimité du régime congolais. Si tel est le cas, pour légitimer le régime congolais, il faudra amplifier le pouvoir du peuple pour lui donner le potentiel de désavouer les processus politiques injustifiés.
La participation politique insignifiante est l’ennemi commun des libertés. Il s'agit d'un risque pour la démocratie congolaise puisque le gouvernement n’a plus de restrictions ni de limites. La stabilité sociale ne doit pas signifier la protection du leadership politique, mais doit designer des garantis de protection des citoyens contre leurs propres dirigeants. Je pense qu’afin d'atteindre la stabilité sociale, l'État congolais a besoin de créer un département d’expertise pour les plaintes populaires. Ce département sera en accord avec l’écoute des gens et la protection démocratique de leur souveraineté. L’absence de cette écoute et le manque des revendications populaires peuvent ainsi être considérés comme la raison pour laquelle la démocratie congolaise est en crise. La meilleure façon de corriger ce désagrément démocratique est d’augmenter la liberté d’expression, qui favorisera la participation au soulèvement lorsque quelque chose va mal. Comment le faire?
Il faut accroître la connaissance politique des habitants grâce à l'apprentissage individuel et au travail des journalistes. Encore faut-il que les journalistes soient également indépendants et libres ! Un pays comme la RD Congo, n’a pas besoin de charlatans dans sa presse télévisée. La presse c’est quelque chose de précieux et de grandiose. Elle rend possible aux gens de découvrir leur rôle dans le contrôle de l'action politique intérieure, susceptible d’imposer des changements systémiques. S’il est difficile de modifier le système congolais, il est plutôt facile de commencer par modifier le comportement des journalistes. C’est une solution contre l’autocratie élective congolaise. Il a été prouvé que les élections peuvent porter des dictateurs au pouvoir, parce que ceux-ci sont défendus par des journalistes irresponsables. La presse doit savoir comment déstabiliser les dirigeants qu’elle a aidé à élire. Cela justifie que le vote n’est pas a lui seul une solution résolument démocratique. Un chef d’état aux principes ennuyeux doit être enlevé en faveur de ceux qui prennent en charge des normes politiques acceptables. De cette façon, tout gouvernement peut ensuite être privé d’un de ses élus malfaiteurs par le biais du peuple.
J’ai voulu démontré que la démocratie congolaise est pratiquement impossible sans la formation d’un gouvernement légitime qui non seulement garantirait la liberté civile et les droits individuels, mais également le système de limitation du pouvoir des leaders politiques grâce au précepte de séparation des pouvoirs et à la structure de vérification gouvernementale. Les justifications descriptives de l’État antidémocratique congolais concernent l’incapacité de son peuple à contrôler l’ensemble du système politique, la lacune des libertés qui sauvegardent les actions révolutionnaires pour stopper les préjudices vis-à-vis du pouvoir politique injustifié. Le peuple doit apprendre qu’il ne doit pas seulement élire des formations politiques successives au pouvoir, il doit aussi les refouler de ce pouvoir.