Attention à la demande du fédéralisme et aux vertus trompeuses de la décentralisation congolaise.
SAGE
22Octobre2009- 13h20 -KINCONGOiNFO
Par définition, je parle d’un transfert du pouvoir central pour pratiquement signifier la délégation d’un pouvoir tant signifiant qu'insignifiant que la RDC peut léguer à ses régions. Si le fédéralisme est ici mis entre guillemets afin de suggérer qu'il doit être prudemment appliqué pour éviter un nombre de conséquences en rapport avec le transfert du pouvoir dans certaines provinces comme le Kivu, il devra aussi permettre à un pays comme la RDC de rester un tout intégré à une mixture des provinces autonomes plus ou moins non séparées. Ainsi les provinces décentralisées ne seront pas vraiment des provinces souveraines puis qu’il peut y avoir parfois des tentatives de renonciation de l’autorité centrale et même de contredire les décisions du parlement central. C’est dans ce contexte que je considère que chaque décentralisation doit être caractérisée par l’expérience politique et doit surtout être rattachée aux cadres historiques et institutionnels dans lesquels elle se produit. Vous remarquez déjà que le transfert du pouvoir vers les provinces peut être associé à la faiblesse de l’état congolais, et pourrait réduire l’autorité du pouvoir central surtout dans cette période d’incertitude. Les leaders politiques doivent songer à la fois à la demande du transfert de pouvoir qui généralement pourrait rétrécir la souveraineté du parlement central, et au besoin de garder le pourvoir central nécessaire. Il est souvent recommandable que le transfert du pouvoir vers les provinces se fasse ouvertement en étant formellement spécifié par les règlements constitutionnels.
Un des aspects les plus actuels de processus de décentralisation congolaise doit concerner la démocratisation et le changement constitutionnel. L’avantage démocratique d’une décentralisation implique que le territoire national est mieux planifié, et que le peuple est écouté de plus près. Dans le cas qui nous concerne, il s'agit d'explorer les possibilités d’un changement constitutionnel et l'identification d’une dimension législative nouvelle en contrepartie de la souveraineté des provinces. Nous devons faire attention, car l'idée de la souveraineté populaire peut également être en conflit avec la suprématie du gouvernement central. Rappelons qu’en véritable démocratie, c’est la souveraineté du peuple qui l’emporte. Pour décentraliser, il faut donc veiller à ce que le peuple, sans distinction, soit donc souverain. Pour ce, il faudrait une application de nouvelles unités multiculturelles pour renforcer les processus d’intégration ethnique ou identitaire. Je pense ici à la minorité tutsie qui devra être complètement intégrée pour une meilleure stabilité nationale. Il peut donc être difficile de garantir l'aspect unitaire de la RDC, si les idées nationalistes continuent de se mêler à l’intégration ethnique des tutsis. Je propose à la RDC un système politique qui n’exclue aucune ethnie du pays, et qui pense à créer une politique pacifique pouvant remettre Kinshasa en marche. Elle doit également être clairement comprise comme la façon d’accorder aux régions une partie du pouvoir central à condition que le pouvoir donné puisse être révocable par le gouvernement central établi s’il ne respecte pas la souveraineté globale du peuple. Le gouvernement central congolais doit donc avoir l’autorité de reprendre en cas de force majeur, le pouvoir qu’il a transféré à une de ses provinces. J’ai voulu démontrer que le fédéralisme congolais devra nécessairement être conçu dans une forme qui pourrait occasionnellement permettre de soutirer certains pouvoirs politiques à des provinces indisciplinées.