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Comment libérer le Kivu ?
Omari Sanja, 17/12/09, Mouvement Kivutien.

Il y a plusieurs façons, pouvant chacune réussir ou échouer, selon les circonstances. Je reconnais que ça fait longtemps que j’ai quitté le Kivu, et qu’il me faut beaucoup apprendre de la mentalité des Kivutiens. Car, pour mener à bien une révolution il faut avoir la complicité de la population (voir Che Guevara). Pour vendre une révolution auprès de la population, il faut bien comprendre la mentalité de cette population.
Comment faire pour libérer le Kivu ? Pour le moment je ne vois qu’une action militaire. Toutefois, je ne crois plus à la lutte dispersée et sans but précis que mènent les différents groupes s’identifiant comme des Mai-Mai. On peut, cependant, en récupérer quelques éléments qu’on pourra retrancher dans un maquis pour un entraînement rigoureux, un endoctrinement patriotique systématique et une initiation solide à la discipline.
Le nombre de l’effectif de départ ? On n’a pas besoin de plusieurs centaines. Il faut un groupe qu’il sera facile d’encadrer, de vêtir, de nourrir et de soigner. La période d’entraînement ne doit être ni trop courte ni trop longue; quelques mois suffiraient. Je ne crois jamais aux projets dont la planification dure plusieurs mois.
Aussitôt la préparation terminée, les combattants doivent être largués en plein cœur d’une grande agglomération : la guerre doit partir d’une ville comme Bukavu. Par expérience, une opération militaire qui commence dans un milieu trop reculé se fait anéantir très facilement.
Une opération rurale se fait facilement appeler « force négative », tandis qu’une insurrection qui conquiert Bukavu ou Goma en une semaine peut se faire traiter de mouvement de libération. La radio, l’aéroport et les points douaniers sont les cibles névralgiques qu’il faut viser en premier, c’est-à-dire pendant la première semaine de l’attaque. C’est pour cela qu’il faut, en même temps qu’on forme les combattants, recruter des opérateurs radios, voir même des pilotes, et autres techniciens. Ce n’est pas trop ambitieux !
L’opération militaire (l’occupation de la ville) doit s’accompagner d’une campagne de propagande visant l’intérieur et l’extérieur. C’est pourquoi, l’équipe politique doit être mise en place en même temps que la force militaire.
Les vrais motifs de la lutte ne doivent pas être dévoilés dès le premier jour. Le secret de la réussite résidera dans UNE DIPLOMATIE HABILE, INTELLIGENTE, AGGRESSIVE. Ne jamais se présenter au monde comme une menace à la sécurité internationale, mais plutôt comme des interlocuteurs ouverts au dialogue avec tous.
On aura donc besoins d’hommes et de femmes de qualité dans un système technocratique. Pour la réalisation de ce projet, quelqu’un doit se rendre sur place, visiter le Kivu, jauger le tempérament des Kivutiens et être prêt à procéder au recrutement des combattants.
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