Je tiens ici à signaler que la politique étrangère du Rwanda affecte considérablement le gouvernement congolais. Le champ transnational de cette politique se construit de façon que la RDC soit gouvernée par des acteurs rwandais qui prennent part aux processus directionnels de notre pays. Cette façon rwandaise de faire la politique s'appelle "impérialisme ethnique" et doit pratiquement être arrêtée en réponse à la dépendance du Kivu envers le Rwanda. La situation dans laquelle le gouvernement congolais se trouve permet donc aux acteurs rwandais de s’ingérer dans nos affaires politiques alors que celles-ci devaient être de l’unique juridiction nationale. C'est pour cette raison que je considère que les pressions rwandaises sont conçues comme des menaces de guerres. Le comble en est que la RDC semble être vue comme un état impuissant. Dans cette condition, le Congo ne doit plus être considéré comme un grand Etat souverain. Quel est ce grand état souverain qui autoriserait par exemple un petit pays comme le Rwanda à mettre sous sa responsabilité, une partie de sa superficie ?
Si le Rwanda a une responsabilité sur les dégâts économiques et humains perpétrés par des rebelles qui sont sous sa tutelle, il va falloir user des signes démonstrateurs pour signifier que tout doit être sanctionné. Le territoire et la population d’un pays doivent être la partie cruciale qui ne doit pas être affectée par un gouvernement étranger, et surtout lorsque cela implique la politique de la mainmise sur les terres nationales ou sur une partie de sa superficie. Les dirigeants congolais actuels doivent renoncer à leurs tâches gouvernementales s’ils continuent de fermer les yeux à de tels dégâts. La question qui me tracasse est celle-ci : « Monsieur Kabila est-t-il maintenant à mesure de voir le Kivu comme faisant partie de la RDC ? Si oui, je pense que ce sont les congolais qui meurent toujours là-bas sans que leur président ne leur vienne en aide. Dans ce cas, j’attends que Kabila ou de tout autre chef d’état Congolais réclame la juridiction de cette partie du territoire. Si non, il ne peut plus agir dans l'intérêt national. Dans ce dernier cas, les conséquences seront prochainement incalculables.