RDC la politique symbolique dans le mythe
de l’empire de Hima.
Sage Ndelele
10/10/2009 à
2:54
La menace réciproque entre le Rwanda et le RD Congo pour ne citer que les deux pays, émane de l’intérieur de la notion de grandeur ethnique établie dans le mythe de l’empire Hima. Il semble qu’à cause de ce mythe, les tribus congolaises du Kivu chercheraient à tout prix le rétablissement de leur propre force agressive parce qu’elles voudraient faire de cela leur protection. Cela suggère que si les Tutsis sont toujours cosmopolites dans leur tendance de bâtir un empire ethnique, quelque chose devrait être fait pour les arrêter, et ce quelque chose n’est autre que la récupération de la force agressive par les congolais. Cela va créer dans les deux camps rwandais et congolais ce que les théoriciens de la violence ethnique ont appelé le dilemme de sécurité (Posen, 1973). En d’autres mots, puisque tous les groupes ethniques cherchent à accomplir une menace réciproque et retournée, comme un but fondamental, ils trouveront qu’il devient de plus en plus difficile d’éviter la violence. C’est a cause de la difficulté d’éviter un conflit ethnique que la menace ethnique réciproquée a été étiqueté “dilemme de sécurité”.
C’est au cours de ses études sur l’ancienne Yougoslavie que, Barry Posen (1973) avait suggéré la théorie selon laquelle lors que les groupes ethniques rivalisent pour leur sécurité la guerre est susceptible d’en émaner. Dans cette condition, la guerre peut être fondée sur la menace de sécurité réciproque. Bien que la situation en Yougoslavie ne soit pas exactement la même qu’en RDC, aujourd’hui la balkanisation est pareillement suggérée au Congo (déclaration de Caritas, le 09 janvier 2008). Par la possibilité de cette balkanisation congolaise, les acteurs politiques peuvent trouver difficile d’éviter de répondre à la menace de la fragmentation de l’état et cela impliquera la guerre. Donc le rapprochement avec la Yougoslavie pourrait ne pas être un cas isolé. De cette manière, un groupe ethnique congolais, disons par exemple les Bembes de la zone de Fizi, pourrait profiter de l’occasion pour interpréter des problèmes de sécurité dans les sens qu’ils eux-mêmes placent sur les informations hostiles, indiquant ainsi que le danger de la balkanisation Tutsi est imminente. Ce qui impliquera encore la guerre de manière locale.
C’est comme cela que les groupes ethniques anticipent les positions potentiellement menaçantes d’inclination ethnique pour défaire des hostilités. Cela montre que non seulement la signification des anticipations ethniques peut être établie par le raisonnement mythique des groupes rivaux, mais aussi que ce raisonnement pourrait symboliser des conceptions rivales partialement subjectives. Dans ce sens, la signification des événements ethniques peut être de façon unique considérée comme créatrice de menace. Il y a une conséquence significative de cela dans la région de Grands Lacs : 1) les informations ethniques deviennent la source reconnue tant de la politique tyrannique que de la révolte contre les tyrans, en permettant aux gens de construire une signification symbolique pour renforcer leur camp. 2) La façon juste d’expliquer la violence ethnique se transforme selon la politique symbolique. Un des appels de l’étude de Kaufman (2006) suggère que l’ethnicité pourrait accéder à une violence symbolique, avec toutes ses complexités à être politiquement implicite. Kaufman a donné ainsi la meilleure description de la politique symbolique en le comparant à son accolement à la notion des mythes ethniques et en reliant ces mythes aux mémoires anciennement conservées mais ayant des étiquettes factuelles. Dans cette approche, il est essentiel que la violence survienne toujours dans les approches ethniques et mythiques. Cela signifie que lors que les mythes ethniques sont utilisés, quel que soit leur issu, la violence se produira toujours. C’est cette raison que la possibilité symbolique d’un mythe ethnique suggère que tôt ou tard, la société ethnique ne peut pas éviter la violence. Il en était de même à la RDC.
Pourtant, dès qu’une menace avait été diagnostiquée en RDC, surtout dans l’environnement ethnique et mythique, il se créait des problèmes violents de réaction pour la survivance des peuples ethniques concernés. Cela me donne l’indication qu’une ethnie et ses mythes peuvent valablement être la fondation des conflits violents impliquant des préjugés de la survivance ethnique (Smith, 1981:20). Cela signifie qu’en considérant l’effet étendu et éternel des conflits ethniques, comme il a été suggéré dans Smith, c’est possible pour la politique de refléter les guerres plutôt comme des pratiques symboliques et examiner comment les guerres sont symboliquement conservées et politiquement manipulées à travers les mythes ethniques. Ceci confirme la caractéristique des mythes ethniques comme créateurs de la violence.
Maintenant, en faisant allusion à l’étude de Posen (1973) ci-haut, il est possible d’expliquer le dilemme de la sécurité, qui maintient la diffusion des mythes ethniques comme étant aussi responsables du maintien de la demande des menaces réciproques. Cela s’explique en montrant que si la sécurité visée est gagnée par un groupe ethnique, l’autre groupe la considérerait comme une menace, et utiliserait ainsi la même menace contre le premier groupe; comme un moyen d’intercaler cette sécurité. Par exemple, le génocide Rwandais peut avoir été un aspect bien conçu de la révolte par les Hutus qui considérèrent les signes de l’accomplissement du mythe Hima comme une menace réelle. Cela aurait fait qu’ils soient devenus défensifs en adoptant l’attitude menaçante contre les tutsis, mais surtout dans les buts de leur propre survivance. C’est dans ce sens qu’il faudrait prédire le pire pour les tutsis de la RDC dans l’avenir. C’est le besoin de l’accomplissement des plans mythiques Tutsis et la nécessité de les contrarier par besoin de survivance locale qui occasionneront le pire. Déjà, le conflit a fait plus de huit millions de morts, rwandais et congolais confondus à l’est de la RDC. Dans ce sens, les congolais pourraient accomplir des actions génocidaires dans la stratégie défensive contre les tutsis, en raison de la politique revancharde. Ce qui démontre que la politique symbolique et les mythes ethniques sont généralement une éminente menace dans les grands lacs, spécialement en RDC.
Référence
-Posen B, R, the security dilemma and ethnic conflict, Survival 35, No 1, spring 1993, pp 27-47.
-Kaufman, S, J, Escaping the symbolic politics trap, reconciliation, initiatives and conflict resolution in ethnic wars, Journal of Peace Research, Vol 43, No 2, 2006, pp201-218.
-Smith, A, 1981, the ethnic revival in the modern world, Cambridge University Press, London.