Il faut signaler que lors que le niveau de dépendance sociale qu’un mythe ethnique rencontre est plus grand, ceci veut dire que la société doit fréquemment tenter d’innocenter l’utilisation de sa violence. Stathis N. Kalyras (2003) suggère que les guerres civiles sont une capacité multiple d’actions violentes par plusieurs acteurs et cela sous-entend leur motivation pour des menaces reciproques. C’est pour cette raison que la politique mythique peut alors créer des dilemmes de sécurité parce que les groupes ethniques sont caractérisés par les accusations menaçantes retournées. La politique mythique est donc ici ce qui fait que les populations ethniques soient en conflit entre elles, tant par leurs propres déclarations que par les stipulations mythiques. Dans ce sens, aussi bien la politique mythique que les mythes ethniques peuvent être considérés comme la cause structurelle de la violence ethnique en RDC. C’est aussi dans ce sens que les problèmes de sécurité affectent les intérêts ethniques (Bouthoul, 1986).
En utilisant cette approche, j’ai découvert le fait que les populations ethniques recourent à la violence comme une réponse nécessaire de leur désespoir pour faire face tant à l’idéologie antithétique promulguée dans les mythes de l’ethnie rivale qu’aux intérêts ethniques vulnérables. Pendant que la résolution des problèmes de sécurité peut être utile en terme de la considération de la violence ethnique et à l’objectif utilisé, elle ne peut pas être soutenue sans l’idée de résoudre le mal infligé par l’autre camp. Ceci indique que la politique ethnique suit les mythes ethniques pour construire la violence mais que la violence ne peut mieux disparaitre que dans le sens de réparation consentie. L’évidence de la réparation de la violence est utilisée en démontrant l’intention méchante et récurrente d’une brutalité inventoriée.
Pourtant, bien que l’univers des mythes ethniques soit relationnel à une sphère de violence potentielle dans sa construction, ce n’est pas un principe définissant forcement l’état de violence continue en RDC. L’univers du mythe ethnique se caractérise plutôt par une sorte de violence en devenir. Il y a actuellement une accumulation d’évidences suggérant que les mythes ethniques sont à la base de la violence politique (Laura Silber et Allan Peu, 1997). Cela montre que les mythes ethniques ne se réalisent pas isolement, puis qu’ils peuvent être reliés aux actions politiques spécifiques. Ce qui signifie que les facteurs ethniques associés à la politique mythique peuvent être violents. La preuve de leur violence excessive consiste à considérer l’extrême rapidité par laquelle les conflits ethniques anéantissent les vies humaines. Ainsi en regardant tout à fait de près comment la violence ethnique surgit en RDC et dans la région des Grands Lacs, on peut obtenir la raison fondamentale des stades de mobilisation ethnique basée sur la politique mythique.
Le stade de mobilisation est la première phase du conflit, c’est-à -dire celui à travers lequel l’émergence de la notion de force collective d’un groupe contre un autre groupe se matérialise. Cela suggère aussi la notion fascinante de la violence réciproque, celle qui décrit la raison de l’émergence de la guerre dans les cadres ethniques. Les guerres congolaises seraient donc causées par des conceptions hautement anticipées de la violence mythique. Ainsi les facteurs essentiels qui sembleraient bien expliquer pourquoi les guerres ethniques se produisent dans la région des grands lacs, se trouvent tant dans les incitations excessives de la politique mythique que dans les vraies animosités incorporées aux mythes ethniques. C’est dans cette raison qu’il est important de ne pas séparer les idées de la politique mythique et les mythes ethniques. Barry Posen (1973) et ses successeurs Laura Silber et Allan Peu (1997) était les premiers à indiquer le fait que toutes les agressions ethniques ont leurs mythes dans lesquels la politique symbolique se concrétise. Le fait que la politique congolaise soit plus associée aux mythes de l’Empire Hima-tutsi est une empreinte de la vulnérabilité du pays parce que ceci incite le state mobilisateur du conflit ethnique.
Références:
-Bouthoul, G, 1986, Traite de polémologie, sociologie des guerres, Payot.
- Kalyras, S, N, 2003, the Ontology of political violence, Action and Identity in civil wars, Perspectives on politics, pp475-494, American Political Science Association.
- Posen B, R, the security dilemma and ethnic conflict, Survival 35, No 1, spring 1993, pp 27-47.